La Nuit derrière moi de Giampaolo Simi

Alors qu’il a été récompensé en 2015 par le prix Scerbanenco, un prix littéraire qui consacre un ouvrage de littérature policière, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Giampaolo Simi, déjà publié en France dans la célèbre « Série noire » des éditions Gallimard, est de retour avec un ouvrage publié en 2012 en Italie, La Nuit derrière moi (La Note alle mie spalle), un incroyable et captivant thriller dont la construction est parfaitement maîtrisée.

 

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La Nuit derrière moi de Giampaolo Simi

 

Le lecteur fait la rencontre de Furio Guerri, un homme dont la carrière professionnelle est à l’image de sa vie privée : commercial dans une société d’imprimerie, Furio est marié à une belle femme au foyer, Elisa, est le père d’une petite fille, Caterina, fan des Chevaliers du Zodiaque et incroyablement gâtée. Vivant dans la province de Pise, non loin de la voie rapide Florence-Pise-Livourne, une voie qu’il emprunte quotidiennement et qui lui permet de prospecter, Furio a une passion : il s’agit de sa voiture, une Spider Alfa Romeo Duetto 1300 rouge, datant des années 70. Une voiture qu’il bichonne et dont il tente de faire retrouver son aspect d’origine. En conclusion, Furio Guerri est un homme chanceux, que beaucoup pourrait envier, désirant, comme lui, nager dans le bonheur.

Sauf que Furio Guerri ne mène pas qu’une seule vie. Sa seconde vie est celle d’un monstre. Un monstre qui rôde autour d’un lycée et dont il espionne les jeunes filles, leurs allées et venues, se risquant jusqu’à s’introduire dans l’établissement scolaire tout en se faisant passer pour un informaticien venu réparer un ordinateur. Car, derrière cette respectabilité, Furio Guerri est fasciné par ce lycée et ses élèves. Et, lorsqu’il fait face à des ennuis professionnels, il ne peut s’empêcher d’ouvrir les yeux et de constater que même le vernis qui entoure sa vie privée s’écaille peu à peu, dévoilant ici un sourire crispé, là un regard de travers. S’ensuit alors un engrenage diabolique.

Et Furio Guerri s’oblige alors à reprendre son histoire, de se la raconter tout en faisant s’affronter ses deux facettes, utilisant le « je » lorsqu’il s’agit du monstre, un monstre qui a prit possession de lui, et le « tu » lorsqu’il parle du Guerri considéré et estimé, comme si ce dernier était privé de parole, de la possibilité de se justifier, obligé d’écouter le monstre qui sommeille en lui parler. Cette dualité mènera le roman jusqu’à son terme où, peu à peu, le monstre prend de l’importance.

La Nuit derrière moi est le genre de roman que l’on ne peut que conseiller, à défaut d’en parler librement au risque de gâcher l’histoire et de trop dévoiler ces petits indices qui sont éparpillés dans le roman. Giampaolo Simi maîtrise d’une main de maître son histoire et nous dévoile un portrait saisissant d’un homme qui perd le contrôle de sa vie. La construction du roman qui alterne entre la première et la deuxième personne du singulier permet aux lecteurs de se laisser happer par le style de Giampaolo Simi au point où ils seront fascinés par l’histoire et l’ambivalence de Furio Guerri, par ce monstre qui sommeille en lui.

 

La Nuit derrière moi (La Notte alle mie spalle) de Giampaolo Simi, traduit de l’italien par Sophie Royère, éditions Sonatine, 2016, 288 pages, 18 euros.

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