Avant j’étais juste immortel de Juliette Bouchet

Ouvrage chroniqué dans le cadre de la Masse Critique sur Babelio

 

Après avoir exploré le désir amoureux dans son premier recueil de récit érotique intitulé Le Double des corps, Juliette Bouchet revient avec un roman qui se veut ambitieux et actuel. Publié aux éditions Robert Laffont, Avant j’étais juste immortel s’inscrit dans la volonté de son auteur de décortiquer le monde contemporain, des angoisses qui l’assaille et de cette quête du bien-être, en passant par les effets de mode qui rythment le quotidien.

Raphaël, le narrateur, n’est pas un homme comme les autres. Pour commencer, il a le mérite d’être encore puceau à quarante ans, désireux d’attendre de rencontrer son âme sœur pour perdre cette virginité qu’il porte tel un fardeau. Il présente aussi un régime alimentaire particulier, laissant de côté tout ce qui s’apparente à la malbouffe, préférant ses aliments le plus bio possibles. Rien de plus facile que de se nourrir bio, sans gluten et autres, le prix des produits étant devenu de plus en plus abordable. Et puis, comme dirait le personnage d’une publicité pour une gamme bio : « C’est bio, la vie ! ». Sauf que pour Raphaël, trouver de la nourriture 100 % bio relève du parcours du combattant. Eh oui, difficile d’être un vampire soucieux de son alimentation au XXIe siècle ! Loin des dilemmes amoureux, le plus grand défi de Raphaël consiste à respecter ce régime qu’il s’est imposé.

 

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Avant j’étais juste immortel de Juliette Bouchet

 

Un soir, sur les dents, Raphaël, qui vit dans un vieux manoir sur la Côte d’Albâtre, tombe nez à nez avec un vieil anglais à l’allure de Dumbledore, Sir Roberts, qu’il transforme. Quitte à être immortel, autant l’être à deux ! Et, tel un professeur, Raphaël va se charger d’aiguiser les sens et les papilles de son nouvel ami en le convertissant à son régime et ce, en espérant qu’il trouvera, au détour d’un repas, son âme sœur.

Avant j’étais juste immortel présente, disons-le, un caractère notable de fast-food : vite consommé, savoureux sur l’instant, loin d’être un met inoubliable, le roman de Juliette Bouchet voit son ambition de départ être complètement étouffée dans l’œuf. Les codes qui entourent les romans de vampires sont rapidement esquissés sans plus de profondeur, tandis que le côté critique de l’histoire concernant la malbouffe et les modes qui vont et viennent est rapidement mis au rebut pour privilégier le côté humoristique et potache des personnages et l’enchaînement de situations dans lesquelles l’auteur n’hésite pas à se servir de nombreux points d’exclamations à chaque fin de phrase.

Le roman de Juliette Bouchet, à défaut de combler les attentes du lecteur en croquant un monde obsédé par son envie de mieux manger, reste toutefois divertissant, sans être inoubliable. Peut-être ai-je trop attendu du livre à l’origine, alléché par la quatrième de couverture qui promet une véritable satire du monde moderne.

 

Avant j’étais juste immortel de Juliette Bouchet, éditions Robert Laffont, 2016, 198 pages, 17 euros.

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