Berezina de Sylvain Tesson

Un miraculé. C’est ainsi que l’on peut décrire Sylvain Tesson qui a survécu à une chute d’une dizaine de mètres en 2014, alors qu’il mettait un point final à son nouvel ouvrage, Berezina, qui allait vite connaître un certain succès, que ce soit en librairie que d’un point de vue critique, raflant deux prix littéraires : celui du Prix des Hussards 215 et le Prix littéraire de l’Armée de Terre – Erwan Bergot 2015. La mort, Sylvain Tesson la côtoie lors de ses explorations, voyageant la plupart du temps par ses propres moyens, en une autonomie qui lui permet d’assouvir ce désir de liberté. Elle devient même l’un des personnages récurrents de ce récit de voyage, Berezina, qui est paru en format de poche, aux éditions Folio.

 

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Berezina de Sylvain Tesson

 

Nous sommes alors en 2012 : tandis que les gens restent obnubilés par la fin du calendrier maya, Sylvain Tesson décide d’entreprendre un voyage qui sera drapé du voile de la commémoration. Deux siècles plus tôt, un infime laps de temps sur l’échelle de l’Histoire, s’élançaient les troupes napoléoniennes, un véritable cortège de nations européennes réuni sous le commandement d’un seul chef qui les électrise, les fascine. Leur but ? Atteindre Moscou et ses fameux bulbes, parvenir à se frayer un chemin parmi les rudes plaines russes, défendre un idéal, une volonté. Puis arrivait ce terrible général Hiver, prenant par surprise les commandements, qui entraîna une véritable débâcle de l’armée.

C’est cette débâcle que veut commémorer Sylvain Tesson, en retraçant le périple de la Grande Armée, de Moscou jusqu’aux Invalides pour livrer un dernier hommage sur la tombe de l’Empereur qui ne lui serait pas uniquement consacré : un hommage qui serait avant tout dédié aux Grognards de l’armée impériale, à ces hommes qui se sont battues pour l’honneur de leur patrie et qui ont vécu un véritable cauchemar. Accompagné de Cédric Gras, son compère de toujours, du photographe Thomas Goisque et de deux amis russes, Vassili et Vitaly, ils entament alors cette expédition, avalant les kilomètres à bord de moto side-car russe, ces fameuses Oural, risquant par moment leur vie sur les autoroutes lituaniennes, tout en (re)découvrant les témoignages des survivants, que ce soit le journal du sergent Bourgogne qu’aux mémoires de Caulaincourt.

L’ensemble donne un récit vivant, faisant la part belle à l’héroïsme des soldats de la Grande Armée. Le style de Sylvain Tesson parvient à conférer à l’ouvrage cette particularité de l’épopée qui décrit si bien l’aventure napoléonienne, tout en dissertant sur l’état de la France et de la Russie d’aujourd’hui, cette dernière étant représentée avec brio par Vassili et Vitaly, personnages très terre-à-terre et fatalistes. Berezina est un puissant hommage, écrit avec panache et d’un style alerte, dévoilant une épopée contemporaine au final glorieux qui se lit d’une traite.

 

Berezina  de Sylvain Tesson, éditions Folio, 2016, 224 pages, 7,10 euros.

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