Agatha Raisin enquête : Remède de cheval de M. C. Beaton

Avec un second roman paru en 1993, M. C. Beaton continue de développer le personnage de détective amateur qu’est Agatha Raisin en ancrant sa saga dans le genre de la comédie policière. Alors que le premier tome servait d’introduction à un univers si particulier et cher à son auteur, Remède de cheval s’attache à montrer une personnalité différente de son héroïne, plus sensible et vulnérable.

Après les évènements tragiques du premier volume, Agatha Raisin, décidée à prendre un repos bien mérité, s’embarque pour deux semaines de vacances aux Bahamas, désertant les grasses vallées du Royaume-Uni pour les plages de sable chaud. Une destination qu’elle n’a toutefois pas choisie au hasard et qui concorde avec le voyage qu’a entrepris James Lacey, un colonel à la retraite, historien à ses heures perdues et séduisant voisin d’Agatha qui s’est fraîchement installé à Carsely à la fin de La quiche fatale. Hélas, pour Agatha Raisin, c’est en solo qu’elle profitera des plages, Lacey décidant d’aller au Caire à la dernière minute.

 

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Agatha Raisin enquête : Remède de cheval de M. C. Beaton

L’ouvrage débute sur le retour de la quinqua, prête à snober son voisin et à lui faire comprendre qu’elle n’est pas intéressée par lui (quitte à mentir !). Et, pour ce faire, quoi de mieux que l’installation de Paul Bladen, un nouveau vétérinaire, dans le village, d’autant plus lorsque ce dernier est loin d’être vilain, voire très charismatique et séduisant, et qu’il ne semble pas insensible aux charmes d’Agatha. Après un premier contact désastreux à la clinique vétérinaire, où Paul Bladen fait preuve de manières brusques sur le chat d’Agatha et d’une invitation à un dîner qui se solde par le départ précipité d’Agatha, le vétérinaire est retrouvé, le lendemain, inanimé, dans les écuries de lord Pendlebury, où il s’occupait des chevaux. Immédiatement sur les lieux, la police en conclut à un accident, résultant d’une mauvaise manœuvre du vétérinaire, qui se serait injecté par mégarde un tranquillisant puissant destiné à un cheval. Ce qui est loin d’être l’avis d’Agatha et de James Lacey, qui décident de se lancer dans leur propre enquête.

À la différence du premier volume, l’enquête policière occupe une place importante dans ce roman : il n’est plus question, en effet, de présenter les personnages récurrents et le petit village de Carsely et celui, proche, de Mircester, bien que certains, à l’image de Bill Wong et de ses parents, soient un peu plus développés à travers des chapitres entiers. Notre duo de détectives amateurs est, quant à lui, efficace et les deux personnages ont une alchimie incontestable qui donne tout l’intérêt du roman tandis que l’humour, déjà présent dans le premier roman et qui intervient dès les premières pages et nous accompagne tout au long de l’histoire, a le mérite de ne pas être redondant et participe pour beaucoup à l’installation de cette ambiance si particulière qui émane de la saga de M. C. Beaton.

Autre mérite de ce second ouvrage est de montrer une Agatha Raisin vulnérable et qui a pleinement conscience de jouer à un jeu dangereux, d’autant plus lorsqu’elle est directement menacée dans son intimité. Cette Miss Marple de la fin du XXe siècle n’hésite pas, effectivement, à donner de sa personne pour résoudre cette enquête, bien que les motivations de départ ne soient pas les mêmes : si l’héroïne d’Agatha Christie cherchait surtout à arrêter les criminels, Agatha Raisin agit plus, dans un élan d’égoïsme, par curiosité et pour réussir à passer du temps avec son voisin. Loin d’être parfaite, cette héroïne a le mérite d’être vraie et empreinte de réalisme.

Remède de cheval réunit donc les mêmes ingrédients qui ont fait le succès de La quiche fatale, à commencer par ses personnages. Lecture agréable et sans prise de tête, c’est un excellent divertissement, amusant et touchant, idéal par ce temps de vacances et de farniente. Agatha Raisin reste la principale attraction du roman, grâce notamment à son fort caractère, et entraîne avec plaisir le lecteur dans une nouvelle enquête, d’un rythme effréné et addictif.

 

Agatha Raisin enquête : Remède de cheval (Agatha Raisin and the vicious vet) de M. C. Beaton, traduit de l’anglais par Esther Ménévis, éditions Albin Michel, 2016, 270 pages, 14 euros.

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