Ogres et cie de Vincent Wagner

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Ogres et cie de Vincent Wagner

Avec Ogres et cie, Vincent Wagner continue de développer son univers poétique et ajoute un nouveau volume à sa série sans titre, dont le précédent volume, Cromalin et cromignonne, est paru fin 2015, toujours aux éditions du Long Bec. Reprenant les codes qui ont fait le succès de ses précédents albums, Vincent Wagner, en sa qualité de scénariste et dessinateur, nous livre cinq nouvelles histoires.

Abandonnant le monde préhistorique qui était le cadre de son album antérieur, Vincent Wagner décide de revenir dans le monde d’aujourd’hui, à travers cinq histoires dans lesquelles il instille le souffle du conte et du merveilleux : « Loch Ness », la seule histoire de l’album à avoir fait l’objet d’une précédente édition, met en scène deux amis en train de pêcher sous l’œil espiègle d’un certain Nessie, dont les apparitions, fugitives, interpellent les deux garçons.

« L’ami de mes nuits », qui ouvre l’album, est une histoire onirique dans laquelle de grandes ombres, dirigées comme des marionnettes par des enfants, entament une sorte de ballet sur la plage au clair de lune, tandis que « Le Théâtre de Monsieur Ogre » renvoie immédiatement à certains contes de Perrault ou des frères Grimm en mettant en scène un ogre qui enlève un enfant dans le but d’interpréter devant lui une représentation de marionnettes et ce, tandis que la sœur du garçon tente de le secourir. « Pas fait exprès » suit la mésaventure de trois monstres qui cherchent à faire de deux enfants leur repas et « Le glouton », sûrement l’histoire la plus ordinaire, décrit un enfant faisant une tarte avec sa mère et devant attendre 16 heures avant de pouvoir la gouter, tandis que son chien la dévorera et entraînera la mère et son fils dans un quiproquo.

Reprenant son style inimitable d’ombres chinoises, Vincent Wagner parvient, par l’absence de dialogues, à porter ses histoires à un certain degré de poésie qui permet alors au lecteur d’imaginer et d’interpréter différents sens à ces histoires de gentils monstres. L’album prend alors un côté interactif et amusant qui ne le cantonne pas uniquement à une bande dessinée jeunesse. L’imagination délicate de Vincent Wagner permet de transporter le lecteur dans cet univers qu’il construit album après album et dans lequel la simplicité et l’émerveillement des sentiments qu’il inspire, associé à ce côté déluré, donne lieu à une lecture enthousiasmante et rafraîchissante.

 

Ogres et cie de Vincent Wagner, éditions du Long Bec, 2016, 48 pages, 12,50 euros.